11 mai 2007
Jose, 9 ans habitant sur l’île Khantati, l’une des îles Uros
Nous sommes au Pérou, sur les berges du lac Titicaca, le lac navigable le plus haut du monde : imaginez un lac de 170 km de long sur 60 km de large, perché à 3830 mètres d’altitude ! Savez-vous l’altitude de la station de ski de Chamrousse à côté de Grenoble ? "seulement" 2500 m !!!

Sur une partie de ce lac vit une population ancienne, qui a développé un mode de vie très spécial. Les hommes fabriquent des îles grâce à des types de roseaux : les totoras.
Il existe aujourd’hui 40 îles sur lesquelles vivent 1500 personnes.
Mais José, qui vit sur ces îles, pourra mieux vous expliquer comment son papa s’y prend pour construire l’île sur laquelle il vit.
La fabrication des îles
"Les totoras sont des roseaux qui ont une partie dans l’eau et l’autre à l’air. Elles forment des plateformes avec leurs racines
qui s’entremêlent et emprisonnent de la terre. Au bout d’un moment (plusieurs années) la plateforme de totora se décroche du fond du lac et se met à flotter.
C’est là qu’entrent en jeu mon papa et ses amis. Ils sautent à l’eau pour couper les dernières racines du fond et poussent la plateforme flottante avec leurs barques vers une autre plateforme. Ensuite, ils lient les plateformes entre elles en plantant des pieux dans chacune et en les attachant avec des cordes solides.
La base de notre île est terminée. Cependant le travail est loin d’être fini pour qu’on puisse habiter l’île !
Les différentes plateformes de racines de totora n’ont pas toutes la même hauteur. Il faut alors étaler de nombreuses tiges de totora pour niveler l’île (afin qu’elle ait le même niveau de partout). Enfin nous pouvons construire nos maisons. Nous les surélevons pour diminuer l’humidité en mettant une couche supplémentaire de totora. Les maisons elles aussi sont faites de plaques de totora. Deux couches pour le toit, pour éviter que la pluie traverse !
Voilà, notre île est prête !
Ha non ! J’avais oublié, il faut attacher l’île à de grands pieux plantés au fond du lac. Comme cela l’île ne bouge pas, même s’il y a du courant ou du vent. C’est dangereux car si une île se libère de ses amarres (les pieux en bois), elle dérive sur l’eau et peut rentrer dans une autre île ou se retrouver à l’autre bout du lac!!
Ensuite 2 à 3 fois par mois les hommes de l’île coupent des totoras et les répartissent sur l’île pour que l’on marche sur des nouvelles totoras et que ça soit plus agréable !
8 familles habitent sur notre île, l’ile de Khantati. Nous sommes tous issus du peuple Aymara et parlons la langue aymara entre nous. Par contre nous parlons aussi l’espagnol.
Ce que font ma maman et mon papa
Mon papa pêche avec sa barque pour nous apporter des poissons. Nous faisons sécher les poissons en trop pour les vendre ensuite ou en faire du troc (nous échangeons avec des communautés des montagnes les poissons séchés contre des pommes de terre, de la quinoa, des céréales que nous ne pouvons pas cultiver sur notre île).
Il coupe aussi de la totora pour entretenir notre île et l’utiliser pour faire de l’artisanat.
Ma maman, elle, fait toutes les tâches de la maison, la cuisine, la lessive…elle fait également de l’artisanat avec de la totora comme mon papa, mais aussi de la broderie. Elle représente des scènes de notre vie sur des tissus.
Nous faisons aussi du tourisme. Il y a en effet énormément de touristes qui visitent les îles. Mes parents leur expliquent comment nous vivons, leur vendent des souvenirs, mon papa leur fait faire un tour d’une barque traditionnelle, faite en totora (aujourd’hui, nous utilisons les barques en bois, qui tiennent plus longtemps)… C’est maintenant l’activité principale des îles.
De temps en temps ils récupèrent avec d’autres adultes les déchets qui flottent dans le lac et qui viennent de la ville… C’est triste de voir des bouteilles au milieu des totoras et des oiseaux…
L’école
Nous avons 3 écoles sur les îles Uros. Nous allons à l’école de l’île jusqu’à 11-12 ans. Nous y allons en barque. Mais après 12 ans, il faut se rendre à la ville de Puno, sur la terre ferme, et chaque matin nous devons faire 45 minutes de barque puis prendre le bus pour aller au collège !
Nous avons école le matin seulement. Ensuite nous revenons chez nous, nous mangeons, faisons nos devoirs, puis jouons. L’île n’est pas grande, mais on peut y faire du foot, jouer à la toupie sur les plancher des maisons…
Sinon dimanche, c’est la fête des mères. Samedi, nous allons chanter, réciter des poésies pour nos mamans et faire la fête avec toute l’école et nos parents. Le soir nous allons faire la fête. Le dimanche de la fête des mères, je le passerai en famille.
08 mai 2007
Ashirel, l’Association d’artisans Shipibos travaillant à Lima

Nous avons fait la connaissance d’artisans Shipibos (c’est le nom d’un peuple) qui travaillent dans la banlieue de Lima. Ils sont originaires de la forêt, plus précisément de la ville de Pucallpa se situant au nord ouest de Lima, à 20h de voiture.
Ce groupe d’artisans venant de 10 communautés différentes a émigré vers Lima dans le but d’y vendre plus leur artisanat bien spécifique de leur culture et d’offrir une meilleure possibilité d’études pour leurs enfants. En effet, les cours donnés à Lima sont de meilleure qualité.
Actuellement ils sont environs 300 personnes à vivre dans un des nombreux bidonvilles de Lima.
Leur travail : la confection d’artisanat
Nous avons été impressionnés par leur art que nous n’avions jamais rencontré en Amérique du Sud. Ils choisissent les motifs en s’inspirant de la nature dans laquelle ils vivaient lorsqu’ils vivaient dans la forêt : les nervures des feuilles, les écailles des poissons, les carapaces de tortues…
Certains hommes peignent par exemple les visions du chamane (le «
guerisseur » du village) lorsque celui-ci consomme des substances hallucinogènes (des feuilles/herbes ou racines qui leur font avoir des visions).
Pour teindre leurs tissus, fabriquer leurs colliers/bracelets/boucles d’oreilles et faire peintures ils utilisent des écorces de bois, des graines de diverses couleurs et des pigments qu’ils ramènent de la forêt. Et oui ils retournent quelques fois dans leurs anciennes communautés pour revoir les personnes qui y sont restées et chercher les produits naturels dont ils ont besoin pour leur travail.
Ce n’est pas toujours facile pour les femmes d’aller vendre leur artisanat en ville car les gens ne veulent pas les payer beaucoup. Ils ne reconnaissaient pas leur art et le travail qu’elles ont accompli. Ce qui fait qu’elles vendent leurs produits pour une bouchée de pain et ne ramènent ainsi pas tous les jours de l’argent à la maison.
Et vous que pensez-vous de leur artisanat ?
10 avril 2007
Gumercinda, 10 ans, quechua
Bonjour,
Je m’appelle Gumercinda et j’ai 10 ans. Je vis dans les montagnes avec ma mère, ma grand-mère et mes 4 frères et sœurs dans la communauté d’El Terrado qui se situe à une altitude de 3800 mètres.
Je vais à l’école à pied ; je dois marcher durant 20 minutes pour y arriver. Souvent je rencontre des amies en route et nous faisons le chemin ensemble, c’est quand même plus drôle à plusieurs ! De temps en temps, je reste à la maison pour aider ma maman et ma grand-mère à garder le troupeau (il ne faut pas que les animaux mangent les récoltes, sinon nous n’aurions plus rien à manger).
A l’ecole je parle et apprend l’espagnol mais à la maison je parle le quechua, la langue de mon peuple.
Mon père est parti travailler depuis deux ans dans le pays voisin, l’Argentine, pour
gagner plus d’argent et nous permettre entre autre d’aller à l’école. Ma maman le rejoindra d’ailleurs dans quelques mois pour travailler et gagner, elle aussi, plus d’argent. Pour l’instant elle s’occupe de notre petit troupeau de chèvres et de moutons et des champs que nous avons semés (maïs, quinoa, fèves et patates) et tisse des produits artisanaux. Mais il n’y a pas assez de vente.
Lorsqu’elle partira, nous resterons tous avec ma grand-mère dans le village pendant au moins 2 ans.
05 avril 2007
Franklin Rodriguez

Bonjour, je m’appelle Franklin Rodriguez, j’ai 10 ans et vis avec ma famille à la Chonta, une petite communauté en bordure d’un parc national, dans la forêt amazonienne de Bolivie.
J’ai 4 frères et sœurs. Mon papa travaille pour un patron, il s’occupe du troupeau de vaches. Ma maman reste à la maison pour s’occuper des choses du quotidien.
Je vis dans une maison dont les murs sont en bois et le toit est fait de grandes feuilles de palmier.

Cette année je ne vais pas à l’école car une école devait ouvrir dans mon village mais aucun professeur ne veut venir faire la classe car la communauté est éloignée de tout !
Je reprendrai l’école l’année prochaine, dans l’école habituelle située dans le village voisin. Elle est à 7 km de mon village ; je pars donc tous les jours à 6 heures du matin en cheval et arrive à l’école une heure plus tard !
Souvent je n’ai école que le matin, de 8 h à 12 h, puis je rentre chez moi pour manger et m’amuser avec mes frères et sœurs ou pour aider ma maman (à faire la lessive à la rivière par exemple). De temps en temps, je reste toute la journée à l’école, quand nous avons beaucoup de travail à faire, des exposés ou des choses comme ça !
Pendant les grandes vacances (de novembre à février), je reste dans mon village et m’amuse avec les autres enfants, aide mes parents… Nous allons parfois à la ville de Buena Vista, à 80 km de ma communauté, pour sortir un peu et aller à la messe.
21 mars 2007
Le fort de Samaipata
Bonjour les enfants,
Nous avons visité le fort de Samaipata en Bolvie, qui daterait de 1000 ans après Jesus-Christ. Ce fort a été construit par un peuple vivant avant les Incas; on parle donc d'un peuple pré-incas.
Il se situe sur le haut d'une colline, sur un énorme rocher. Le peuple pré-inca a sculpté ce gros rocher et dessiné des formes géométriques ou des animaux comme un puma ou un serpent. De ce site ils pouvaient voir toute la vallée et voir leur ennemis arrivés.
Cependants vers 1400, les Incas ont soumis ce peuple. Ils ont ajouté des constructions à la structure initiale (qui n'était que la roche sculptée au départ), comme des petites maisons à côté de la pierre sculptée.
Puis entre 1500 et 1600, les espagnols ont à leur tour soumis le peuple Inca et ont construit de maisons espagnols. Finalement ce site est un mélange de différentes influences de peuples arrivés successivement!
Si vous avez des questions, n'hésitez pas!
A bientôt
30 janvier 2007
La señalada à Cusi Cusi
Samedi dernier était un jour particulier pour les éleveurs de Cusi Cusi appartenant à la coopérative Acopios de Andina, où travaille Hugo (notre maître de stage). En effet une fois par an, ils regroupent les lamas de la coopérative (soit une centaine de bêtes) pour les marquer. Mais de façon traditionnelle. Les habitants de Cusi Cusi font parti du peuple Quechua, peuple qui va de l'Equateur à l'Argentine, en passant par le Pérou et la Bolivie.
Les pâturages du troupeau se situent à une trentaine de km du village (soit 2h30 de chemin, quand l’amortisseur de la voiture ne cède pas, sinon 3h30…), à quelques 4400 mètres d’altitude.

Au milieu de rien, ou plutôt d’un paysage magnifique, impressionnant à tel point qu’on se sent tout tout petit, vit le berger de la coopérative, bolivien, grand solitaire, qui veille sur le troupeau durant l’année.
Les lamas sont rassemblés dans un corral fait de pierres. Au milieu du carré un petit hôtel de pierre, sur les bords les éleveurs et nous, attendant le début de la señalada. 
Elle débute par un rituel de remerciement à la pachamama (la terre-mère), afin d’apporter santé et chance au troupeau pour l’année. Deux femmes d’un certain âge se présentent, l’une portant un petit fardeau d’herbes spéciales, déjà fumant, qu’elle dépose sur l’hôtel après avoir fait le tour du corral. L’autre, attisant les branches fumantes, entame quelques paroles que nous ne comprenons pas, quelques prières anciennes, exprimées en quechua (leur langue ancestrale).
Puis un homme fait le tour du corral donnant à chacun de nous une poignée de feuille de coca à mastiquer. Le rituel continue.
Avant de commencer le travail de marquage des lamas, nous remercions une fois encore la pachamama en versant une partie de notre verre de vin par terre, rituel qui aura cours tout au long du marquage. Nous partageons ce moment avec la terre-mère. La señalada peut enfin commencer !
Cette cérémonie consiste à marquer les lamas de plusieurs façons, à l’aide de fils de laine colorés : des « fleurs » pour chacune des oreilles, des bouts de laine attachés au cou ou au dos selon le sexe de l’animal.
Les éleveurs coupent également un bout de l’oreille pour former un trou : c’est le «señal».
La première étape est d’attraper les lamas. Et c’est assez sportif !
Le point faible de ces bêtes : les oreilles. Si on arrive à en prendre une en main, l’affaire est jouée, le lama est soumis (en général…).
Là entre en jeux les femmes ; l’une entre elles enlève les anciennes «flores» des oreilles et en coût de nouvelles, plus belles, pendant qu’une autre attache trois bouts de laine au dos des femelles ou deux au cou des mâles.
Les mâles sont également parés d’un « collier de laine » au cou. Si aucune des oreilles n’est percée, elles appellent un homme qui, au couteau, coupe un bout d’oreille, sous les cris du lama.
Si cet évènement peu paraître cruel, la señalada est très importante pour les éleveurs.
Elle reste une tradition, que leurs parents et grands-parents pratiquaient déjà. Ils sont fiers de posséder de beaux lamas parés de couleurs vives.
En plus, c’est un moyen de faire l’état des lieux du troupeau : cela leur permet de savoir le nombre de lamas nés cette année, le nombre de mâles et de femelles, s’ils sont en bonne santé.
C’est également l’occasion de sélectionner les mâles reproducteurs en castrant les mauvais reproducteurs (d’ailleurs, c’est assez violent…)
Les fleurs leurs permettent de différencier les troupeaux des différents éleveurs lorsqu’ils sont libres dans la puna.
Enfin la señalada permet de différencier visuellement les mâles des femelles. 
Le marquage a duré toute l’après-midi, agrémenté de prise de coca, de verre destiné à la pachamama.
Une fois le troupeau relâché, les éleveurs regroupent les anciennes fleurs, les bouts d’oreilles, puis les enterrent avec quelques feuilles de coca au pied de l’hôtel, après avoir versé leur verre dessus, comme dernier partage avec la pachamama. Tout le monde quitte alors le corral, content et rêveur (en tout cas nous).
En fin de journée, un asado (barbecue) de lama nous attendait au refuge.
Voilà une tradition que les villageois indiens éleveurs de lamas pratiquent toujours. C'est une facon pour eux de remercier la terre (la terre mère) qui leur permet d'élever les lamas (en faisant pousser l'herbe et en leur donnant de l'eau). Ils ont un grand respect envers la terre et la nature.
27 novembre 2006
Cusi Cusi

Nous voilà rentrés d’une escapade de deux jours à Cusi Cusi. Le village de Cusi Cusi est une communauté de 200 habitants, la plupart du peuple Quechua, qui se trouve à une altitude de 3900 mètres, dans la « Puna » (c’est l’altiplano argentin, un plateau à très haute altitude). Pour y arriver, nous avons fait un voyage de 9h en bus en empruntant des routes très caillouteuses... et nous n’avons pas pu dormir de la nuit !
La plupart des maisons sont construites en adobe, qui est un mélange de boue et d’herbes séché au soleil. Les briques d’adobes sont lié par de la boue pour faire les murs des maisons. Les maisons sont donc fabriquées avec des matériaux locaux, créés sur place. Les villageois n’ont pas besoin d’acheté du ciment et d’autres matériaux dans les villes, ils les font eux-mêmes !
Les villageois sont tous des éleveurs de lamas. Les lamas vivent en liberté dans la « pampa » (prairies d’altitude) où ils se nourrissent des petites broussailles battues par le vent. Les éleveurs possèdent souvent des troupeaux de chèvres et de moutons, pour diversifier leur production. S’il y a un problème avec les lamas, les éleveurs ont les autres troupeaux de moutons et de chèvres pour la viande. Ils peuvent alors survivre sans les lamas…
Les lamas sont élevés pour leur laine et leur viande. En effet, la laine de lama est très chaude et douce, beaucoup plus douce que celle d’un mouton. Les femmes des éleveurs confectionnent des chaussettes, des bonnets, des pulls. Le reste de laine (la majorité) est vendu dans les villes, à des usines qui se chargent de la filer (pour fabriquer des bobines de laine). On vous parlera plus précisement de ces animaux plus tard.
Et au retour, nous avons découvert un nouvel habitant dans nos toilettes : el scorpion ! Sa piqûre n'est pas mortelle mais reste dangeureuse.
12 novembre 2006
Le peuple Toba
Nous sommes depuis deux semaines dans une zone où vit une partie du peuple Toba (un des peuples indigènes d’Argentine) Les autres peuples du pays sont les Wichis, les Diaguitas, les Mapuches (et oui ils n’habitent pas qu’au Chili !)...
Les Tobas seraient actuellement 6000 à peupler l’Argentine (surtout au nord).
Avant la colonisation espagnole, ils vivaient principalement de la chasse, de la cueillette dans la forêt et de la pêche au bord des fleuves.
Cependant, depuis l’arrivée des européens, les Tobas ont commencé à changer leur mode de vie et d’alimentation. Ainsi, ils consomment aujourd’hui les mêmes produits que nous (pâtes, riz,…), mais continuent à compléter leur repas à partir de produits issus de la cueillette (miel récupéré des arbres, fruits de chañar, d’algarrobo, de cactus…), de la chasse et de la pêche. Il n’est en effet par exemple pas rare de voir des hommes et des enfants pêcher au bord du fleuve Rio Bermejito (fleuve au bord duquel se trouve la ville où nous sommes actuellement).
De plus, de nombreux Tobas connaissent encore les plantes comestibles de la forêt, celles qui sont chargées en eau (lorsqu’ils ont soif, ils coupent par exemple une partie d’un cactus pour boire l’eau gardée à l’intérieur). Ils chassent encore quelques fois certains animaux, comme les tatous et les iguanes, réputés pour leur chair.
Certains cultivent aussi quelques fruite et légumes : les pastèques, les courgettes, le mais…
Les maisons
Actuellement quelques communautés vivent encore dans des maisons traditionnelles. Leurs murs sont construits en bois et enduits d’un mélange de boue et de paille. Le toit est recouvert de bottes de paille, disposées de façon à ce que la pluie ne rentre pas dans la maison ! Cependant ces toits demandent un peu d’entretien, et de nombreuses maison sont recouvertes maintenant d’une tôle ondulée, moins esthétique, mais sans entretien nécessaire.
Les chamanes et la médecine traditionnelle
Chaque communauté a un chamane, Piog-o-nax en Toba, qui est à la fois guide spirituel et médecin. Il a le pouvoir de communiquer avec des êtres supérieurs (les esprits de la forêt, du fleuve, des lagunes) et possède des connaissances en médecine traditionnelle. Les gens utilisent les médicaments « occidentaux » (que nous prenons tous les jours) seulement pour les maladies graves.
En effet, la plupart des Tobas fabriquent eux-mêmes leurs médicaments à partir de plantes récoltées dans la forêt. Les grands parents surtout, connaissent de nombreuses plantes médicinales.
Cette plante par exemple sert à soigner les maux de ventre. On coupe quelques branches que l’on met à infuser dans de l’eau bouillante. Le malade boit ensuite la tisane apaisante pour son estomac.
Et vous, connaissez-vous des plantes sauvages qui se mangent ? et des plantes sauvages qui ont des vertus médicinales ? Et vos parents, et vos grands-parents, ils en connaissent ? Demandez leurs !
Les tabous
Il existait plusieurs tabous. Par exemple, lorsqu’une maladie grave touchait la tribu et que le chamane ne pouvait pas la soigner, il était interdit de prononcer son nom.
Lorsqu’une personne mourrait, personne n’avait plus le droit de prononcer son prénom.
Lorsque les femmes étaient enceintes, elles n’avaient plus le droit de manger des aliments « sales » tels que les fruits souillés par des fientes d’oiseaux au risque que l’enfant naisse avec un problème de vision.
Aujourd’hui certains tabous subsistent mais d’autres ont disparu.
Le langage des oiseaux et les rêves
Les chants des oiseaux et les rêves ont une grande importance et peuvent être pris en compte lors de la prise d’une décision.
En effet, ils pouvaient avoir une signification. Par exemple, selon le chant des oiseaux, leur façon de voler, ils annonçaient la pluie, la mort de quelqu’un…
Voilà quelques précisions sur le peuple Toba (ou Qom), si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à nous les transmettre, nous essayerons d’y répondre !
29 octobre 2006
Changement de pays : l'Argentine

Apres avoir passé deux mois au Chili, nous avons pris route pour l’Argentine. Apres un voyage de 21h de bus, nous sommes dans la province du Chaco (au nord est de l’Argentine) dans une petite ville s’appellant Bermejito. Nous faisons la découverte d’un projet écotouristique (projet de tourisme qui est respectueux de l’environnement et de la population indigène qui vit dans la région) mis en place par le peuple Toba et les Criollos.
Actuellement la province du Chaco a un climat chaud et humide : depuis que nous sommes arrivés, nous devons faire face à des températures de plus de 30 degrés, à un soleil très fort et à une humidité de l’air qui nous fait sans arrêt transpirer. De grosses pluies intermitantes, rafraîchissent quelquefois l’atmosphère mais la chaleur refait vite surface. A partir du coucher du soleil, les moustiques se réveillent et commencent à nous piquer partout, ce n’est pas toujours très agréable !
La forêt est dite impénétrable car elle est très dense à certains endroits. Cependant des hommes ont réussi à vivre dans cette forêt depuis de nombreuses années : le peuple Toba, qui vivait tranquillement en chassant des animaux et cueillant des fruits et végétaux dans la nature. Depuis plusieurs années, les habitants des communautés Tobas ont du faire face à des problèmes de déforestation massive. Les entreprises forestières venaient couper les plus gros arbres (ceux qui rapportent le plus d’argent) et les revendaient sans leur demander la permission. Les arbres qui sont les plus recherchés s’appellent Algarrobo et Quebracho. Leur bois est utilisé pour faire de beaux meubles par exemple. Les entreprises de déforestation détruisent ainsi la forêt qui n’est pas la leur et empêchent également tous les animaux de la forêt de vivre tranquillement.
Car cette forêt abrite de nombreux animaux ; plusieurs espèces
d’oiseaux aux couleurs magnifiques, plusieurs espèces de serpents (dont seules 4 sont venimeuses), des singes hurleurs, des jacare (sorte de crocodile)…sans parler des multiples espèces d’insectes, comme les termites, papillons,…

Nous avons pu observer des singes lors d’une ballade dans la forêt. Si on ne lève pas les yeux pour les chercher dans les arbres, on peut vite les manquer. Les mâles sont noirs et les femelles sont plutôt jaune-oranger. Leurs cris sont vraiment impressionnants. Pour nous faire peur et nous pousser à partir, ils ont commencé à nous faire caca et pipi dessus ! Merci les singes !
Il n’y a pas que des animaux qui peuplent la forêt. En effet, 6000 Tobas habitent la région. Ils ont leur propre langue ; le toba ou « com » dans leur langue. Ils ont dû apprendre l’espagnol lors de la colonisation de leur territoire par les Espagnols Les enfants parlent espagnol à l’école, mais utilisent le Toba chez eux. Un peu comme si vous parliez anglais à l’école et français à la maison ! Bonjour se dit « La’ » en Toba et au revoir se dit « Nal’en » (à prononcer nal éne, avec un blanc entre nal et éne)
Nous essayerons de vous parler d’eux plus longuement dans un prochain article.
A bientôt et Nal’en !
Voila une photo de l'algarrobo et d'une termitière et de ses termites :
12 octobre 2006
Le désert de Atacama
Nous voilà, après la mine la plus grande au monde, dans l’un des désert le plus aride du monde, le désert d’Atacama. Mais pourquoi aller dans un désert nous demanderez-vous ? Nous y sommes allés car nous voulons rencontrer un peuple qui vit depuis plus de 11000 ans dans ce désert, les Atacamenos. 
Ce peuple vit de l’agriculture et de l’élevage. Mais pour cela, il a dut maîtriser l’élément essentiel dans ce milieu aride : l’eau. Il y a des milliers d’années les Atacamenos ont construits des canaux permettant d’amener l’eau sortant d’une petite source, là où ils voulaient. Comme cela ils purent irriguer tous leurs champs, parfois loin des sources d’eau, en ouvrant des canaux et en fermant d’autres, un peu comme si dans chaque champ se trouvait un robinet d’eau. Les paysans inondaient le champ quand ils ouvraient le robinet, puis ils le refermaient pour qu’un autre paysan ouvre à son tour, le robinet de son champ. Comme cela tout le monde pouvait avoir de l’eau en quantité suffisante pour vivre et cultiver des patates, du maïs, des haricots.
Cependant ils avaient peur que l’eau ne sorte plus des sources, ce qui aurait été un désastre pour eux. Ils faisaient et continuent à faire des cérémonies pour demander aux sources d’eau de ne jamais tarir et aux collines desquelles jaillissent ces sources de toujours donner de l’eau en abondance. Les collines sont sacrées pour les Atacamenos et il est interdit de les gravir.

Les Atacamenos ont également développé des champs en terrasse quand les pentes des montagnes étaient trop fortes. Cela leur permettait de garder l’eau et la terre, qui sinon dévalaient la pente, et ne pouvait accueillir de culture.
Ce peuple est aussi un peuple de mineurs depuis très longtemps. En effet, il vit dans une région où il existe des mines de sel. Aujourd’hui, elles ne sont plus exploitées, mais ont un grand succès auprès des touristes qui viennent par milliers voir ces lacs de sel, à 2500 mètres d’altitude !!
Les lacs de sel (de sels solide, sur lesquels ont peut marcher) se nomment des salars. Nous avons visité le Salar d’Atacama. Il abrite quelques lagunes (petites mares d’eau salées) où vivent des petits crustacés appelés artémias (comme des puces de mer, pour ceux qui en ont vu à la plage) qui sont le repas principal des flamands roses. C’est d’ailleurs en les mangeant que les flamands deviennent roses.
Les flamands roses font des petits monticules de terre pour faire leur nid. Ils pondent sur ce nid un seul oeuf par an. La population de flamands roses est donc très fragile car si le poussin meurt, le couple de flamands attend une année supplémentaire pour pondre un œuf. Les flamands roses sont donc protégés.
Vous savez tout sur les Flamands roses maintenant !
N’hésitez pas si vous avez des questions !
Au revoir


















