ddiasEnfants, Un an de rencontres et de découvertes en Amérique du Sud

Un espace d'echanges entre deux classes françaises (l'ecole Langevin d'Echirolles et l'ecole Brossolette de Vandoeuvre) et deux voyageurs en Amerique du Sud

11 mai 2007

Jose, 9 ans habitant sur l’île Khantati, l’une des îles Uros

Nous sommes au Pérou, sur les berges du lac Titicaca, le lac navigable le plus haut du monde : imaginez un lac de 170 km de long sur 60 km de large, perché à 3830 mètres d’altitude ! Savez-vous l’altitude de la station de ski de Chamrousse à côté de Grenoble ? "seulement" 2500 m !!!

l_ile


Jose

Sur une partie de ce lac vit une population ancienne, qui a développé un mode de vie très spécial. Les hommes fabriquent des îles grâce à des types de roseaux : les totoras.
Il existe aujourd’hui 40 îles sur lesquelles vivent 1500 personnes.
Mais José, qui vit sur ces îles, pourra mieux vous expliquer comment son papa s’y prend pour construire l’île sur laquelle il vit.






La fabrication des îles
"Les totoras sont des roseaux qui ont une partie dans l’eau et l’autre à l’air. Elles forment des plateformes avec leurs racines
construction qui s’entremêlent et emprisonnent de la terre. Au bout d’un moment (plusieurs années) la plateforme de totora se décroche du fond du lac et se met à flotter.
C’est là qu’entrent en jeu mon papa et ses amis. Ils sautent à l’eau pour couper les dernières racines du fond et poussent la
plateforme flottante avec leurs barques vers une autre plateforme. Ensuite, ils lient les plateformes entre elles en plantant des pieux dans chacune et en les attachant avec des cordes solides.
La base de notre île est terminée. Cependant le travail est loin d’être fini pour qu’on puisse habiter l’île !
Les différentes plateformes de racines de totora n’ont pas toutes la même hauteur. Il faut alors étaler de nombreuses tiges de totora pour niveler l’île (afin qu’elle ait le même niveau de partout). Enfin nous pouvons construire nos maisons. Nous les surélevons pour diminuer l’humidité en mettant une couche supplémentaire de totora. Les maisons elles aussi sont faites de plaques de totora. Deux couches pour le toit, pour éviter que la pluie traverse !

Voilà, notre île est prête !
Ha non ! J’avais oublié, il faut attacher l’île à de grands pieux plantés au fond du lac. Comme cela l’île ne bouge pas, même s’il y a du courant ou du vent. C’est dangereux car si une île se libère de ses amarres (les pieux en bois), elle dérive sur l’eau et peut rentrer dans une autre île ou se retrouver à l’autre bout du lac!!

Ensuite 2 à 3 fois par mois les hommes de l’île coupent des totoras et les répartissent sur l’île pour que l’on marche sur des nouvelles totoras et que ça soit plus agréable !
8 familles habitent sur notre île, l’ile de Khantati. Nous sommes tous issus du peuple Aymara et parlons la langue aymara entre nous. Par contre nous parlons aussi l’espagnol.

Ce que font ma maman et mon papa
trocMon papa pêche avec sa barque pour nous apporter des poissons. Nous faisons sécher les poissons en trop pour les vendre ensuite ou en faire du troc (nous échangeons avec des communautés des montagnes les poissons séchés contre des pommes de terre, de la quinoa, des céréales que nous ne pouvons pas cultiver sur notre île).
Il coupe aussi de la totora pour entretenir notre île et l’utiliser pour faire de l’artisanat.
Ma maman, elle, fait toutes les tâches de la maison, la cuisine, la lessive…elle fait également de l’artisanat avec de la totora comme mon papa, mais aussi de la broderie. Elle représente des scènes de notre vie sur des tissus.
Nous faisons aussi du tourisme. Il y a en effet énormément de touristes qui visitent les îles. Mes parents leur expliquent comment nous vivons, leur vendent des souvenirs, mon papa leur fait faire un tour d’une barque traditionnelle, faite en totora (aujourd’hui, nous utilisons les barques en bois, qui tiennent plus longtemps)… C’est maintenant l’activité principale des îles.
bouteille



De temps en temps ils récupèrent avec d’autres adultes les déchets qui flottent dans le lac et qui viennent de la ville… C’est triste de voir des bouteilles au milieu des totoras et des oiseaux…

L’école
barquesNous avons 3 écoles sur les îles Uros. Nous allons à l’école de l’île jusqu’à 11-12 ans. Nous y allons en barque. Mais après 12 ans, il faut se rendre à la ville de Puno, sur la terre ferme, et chaque matin nous devons faire 45 minutes de barque puis prendre le bus pour aller au collège !
Nous avons école le matin seulement. Ensuite nous revenons chez nous, nous mangeons, faisons nos devoirs, puis jouons. L’île n’est pas grande, mais on peut y faire du foot, jouer à la toupie sur les plancher des maisons…
Sinon dimanche, c’est la fête des mères. Samedi, nous allons chanter, réciter des poésies pour nos mamans et faire la fête avec toute l’école et nos parents. Le soir nous allons faire la fête. Le dimanche de la fête des mères, je le passerai en famille.
 

artisanat

Posté par ChrisetDoro à 21:44 - les peuples - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

très intéressant

super les commentaires directement sur la photo. Et très intéressant de voir ce mode de vie particulier. Quand à la poule d'eau c'est étonnant de voir qu'aussi loin elle est exactement comme les nôtres.

Posté par El Pacha, 12 mai 2007 à 10:39

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=165517&pid=4920209

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :